Trek Choquequirao Pérou en autonomie

Trek Choquequirao : 7 jours pour rejoindre le Machu Picchu 2/2

Et voici la suite du récit de notre trek reliant les ruines du Choquequirao au Machu Picchu. Nous traversons toujours des paysages incroyables et avons visité les magnifiques ruines du haut du site de Choquequirao. Et je peux vous dire que ça valait le coup de se lancer dans ce trek incroyable ! Dans cet article, vous retrouverez les étapes du trek Choquequirao à partir du jour 3. On vous raconte aussi comment nous avons fini le trek. Et autant vous dire tout de suite que ce n’était pas dans des conditions nerveuses idéales… Quoi, il y a eu craquage ? Ouep…
Quoiqu’il en soit, on poursuit notre périple et on se rapproche du Machu Picchu !

Pour obtenir toutes les infos sur le contenu de nos sacs à dos (équipement, nourriture, etc.) pour le trek en autonomie, nous avions tout détaillé sur l’article du trek Santa Cruz de 4 jours en autonomie. 👍

Trek Choquequirao Jour 3 : Ruines du haut – Terrasse des Lamas – Ruines de Pincha Unuyoc

  • Camping Choquequirao (2 900 m) aux ruines du haut (3 050 m) : Visite du site (2 h) + terrasses des Lamas (2 850 m) 1 h 30 aller-retour, puis passage du col à 3 400 m : 1,5 km / 700 m de dénivelé positif / 200 m de dénivelé négatif.
  • Col à 3 400 m aux ruines de Pincha Unuyoc (camping à 2 450 m) : 3,4 km / 1 h / 950 m de dénivelé négatif.
  • Total journée : 5 km / 1 650 m de dénivelé cumulé.
  • Prévoir les repas du petit déj, du midi et du soir. Et beaucoup d’eau (on s’est fait surprendre) !

Comme d’habitude le réveil est matinal. Petit-déjeuner de champion : pancakes, jus de fruit frais, baguette, œufs, beurre salé et confiture d’orange, le tout à volonté… 
C’est beau de rêver… Comme tous les matins nous nous régalons de notre bouillie d’avoine des plus roborative ! 😅

Nous plions nos tentes et partons visiter le haut du site avec nos sacs sur le dos. Le but étant de passer la matinée à visiter puis, au lieu de revenir dormir au camping du Choquequirao, continuer notre route pour dormir aux ruines de Pincha Unuyoc. Ainsi nous coupons en deux la journée suivante.

Trek Choquequirao point de vue

Visite des ruines du haut et terrasses des lamas

Environ 150 m de dénivelé séparent le camping et le haut du site. Une fois en haut, sur la place principale, nous avons laissé nos sacs dans un coin en essayant de les cacher derrière un mur. Non pas que nous nous méfions des voleurs (il doit y avoir 10 personnes à tout casser incluant nous 4…) mais simplement pour ne pas gâcher les photos des autres voyageurs avec des gros sacs en plein milieu. Pensez-y aussi ! 😉

Nous sommes alors partis explorer les lieux. Ce fût un moment de pur bonheur. Un beau soleil, des ruines magnifiques et personne pour nous déranger ! Une vaste plate-forme offre une vue spectaculaire à 360° sur les ruines, les montagnes et les vallées alentour. Le Pérou est définitivement un pays incroyable.

Trek Choquequirao - Vue d'ensemble des ruines
Trek Choquequirao - Ruines

Ici, chaque détour vaut le coup d’œil et notamment les terrasses des Lamas. Ce sont des terrasses construites sur 56 niveaux en contrebas du site. La particularité de ces terrasses, c’est leur côté artistique. Avec des pierres blanches, les Incas ont dessiné des lamas lors de la construction du mur.

Si vous continuez vers le mirador situé en face, vous obtiendrez une vision globale des terrasses et de ses lamas. Ça vaut le petit détour.
En plus d’avoir encore construit des terrasses vertigineuses, les Incas nous offrent ici une petite touche de déco perso ! L’escalier qui descend dans les terrasses est très vertigineux. Pour les âmes sensibles, un chemin en terre a été prévu sur le côté (plus soft pour descendre).

Terrasse des Lamas

Après une petite pause pique-nique et une petite sieste à l’ombre des ruines, nous voilà repartis pour notre camping du soir aux ruines de Pincha Unuyoc.

Passage du col

Depuis la place centrale du Choquequirao, pour trouver le chemin qui continue vers la suite du trek, il faut suivre le système d’irrigation d’eau qui monte tout en haut et prendre le deuxième chemin à gauche (nous avions trouvé un premier chemin après 5-10 minutes de montée qui n’est pas le bon).

Après environ 200 m de dénivelé, nous voilà au col de Choquequirao. 

Pour info, nous n’avons toujours pas trouvé d’eau depuis que nous sommes partis ce matin, les sublimes systèmes d’irrigation construits par les Incas ne sont malheureusement plus en service ! 

Nous devons maintenant redescendre environ 1 000 m de dénivelé en plein soleil jusqu’aux prochaines ruines où nous établirons notre campement. Nous ne trouverons de l’eau que quelques minutes avant d’arriver au camping, autant vous dire que nous avons fini cette journée assoiffés comme jamais. C’était vraiment hard. Alors prévoyez beaucoup d’eau dès le matin ! (2 L par personne ne me semblent pas être du luxe).

Point de vue sur les montagnes péruviennes
En vrai, on fait les malins là, mais on a cru mourir de soif.

Quand nous sommes arrivés sur les terrasses, nous n’avons pas regretté d’avoir avancé jusqu’ici pour passer la nuit. Dormir dans cet endroit avait vraiment quelque chose d’exceptionnel, un peu mystique. Le panorama est sublime et encore une fois nous étions absolument seuls. Pas de problème pour avoir de l’eau, le système d’irrigation fonctionne encore parfaitement, plusieurs jets tombent dans des sortes de bacs ! Vous pourrez même prendre une « douche » (glaciale, mais douche quand même !).

Trek Choquequirao Jour 4 : Ruines de Pincha Unuyoc – Maizal

  • Ruines de Pincha Unuyoc (2 450 m) jusqu’à la rivière en contrebas (1 970 m) : 2 km / 50 min / 480 m de dénivelé négatif.
  • Rivière (1 970 m) – camping Maizal (3 030 m) : 3,5 km / 3 h 40 / 40 min de pause déj. dans la montée / 1 060 m de dénivelé positif.
  • Total journée : 5,5 km / 4 h 30 de marche / 1 540 m de dénivelé cumulé.
  • Prévoir petit déj et midi. Le repas du soir peut être pris au camping à Maizal.

Comme nous avons bien avancé la veille en dormant aux ruines de Pincha Unuyoc, la journée devrait être un peu plus douce. Par défaut, les randonneurs partent des ruines du Choquequirao pour aller jusqu’à Maizal sur la même journée. Ce qui représente 500 m de dénivelé positif puis 1 350 m de négatif et enfin une bonne montée de 1 100 m de dénivelé. Autant dire une journée qui nous branchait moyen et nous faisait relativement peur avant de partir.

Mais en découpant le rythme du trek comme nous l’avons fait, la journée se résume à 500 m de négatif puis 1 100 m de positif. Finalement, une bagatelle, n’est-ce pas ?! 

La marche de la journée ne présente pas un grand intérêt. On monte, on monte, la tête dans le guidon en croisant des mules qui soulèvent des tonnes de poussière, vous empêchant de bien respirer pendant de longues minutes.

Lorsque le chemin se sépare, le camping est indiqué par une pancarte. Il faut partir sur la gauche, comme indiqué, et après une petite demi-heure de montée, nous arrivons. Le lieu de bivouac vaut vraiment le coup. La vue est magnifique. Encore une fois, on peut voir en face le chemin parcouru depuis le col du Choquequirao. Et là tu prends conscience que tu n’arrêtes pas de monter, descendre, monter, descendre, pour passer de vallées en vallées… Ils n’auraient pas pu construire un immense pont sérieux ? 😆

Au milieu de cette ferme tenue par 3 femmes, la grand-mère, la mère et la petite fille, nous plantons notre tente. Au milieu des poules, des cochons, des chèvres, des vaches, des chiens, des cochons d’inde, toute la basse-cour est présente. Et là, on s’est dit : « Mais c’est fou de vivre ici ! ».

Nous passons l’après-midi à lire, nous promener dans les environs, profiter du beau temps, de la quiétude des lieux et de ce panorama fantastique. Et puis, on se repose !

Trek Choquequirao Jour 5 : Maizal – Yanama

  • Maizal (3 030 m) – Col de San Juan (4 150 m) : 5,5 km / 3 h 30 / 1 120 m de dénivelé positif.
  • Col de San Juan (4 150 m) – Camping de Yanama (3 550 m) : 3,5 km / 1 h 20 / 600 m de dénivelé négatif.
  • Total journée : 9 km / 4 h 50 / 1 720 m de dénivelé cumulé.
  • Prévoir le petit déj. et le midi. Le repas du soir pourra être pris au campement.

Nous partons tôt ce matin afin d’avoir le maximum d’ombre pour la montée. Nous avons 1 120 m de dénivelé à grimper. Les premiers kilomètres sont fatigants. Ça ne monte pas encore beaucoup mais nous devons marcher sur un terrain très boueux qui manifestement ne voit pas souvent le soleil. Nos chaussures sont couvertes de boue et chaque pas nous demande un effort de concentration pour ne pas glisser et nous étaler dans la boue !

Le col que nous devons passer se trouve à 4 150 m, dans les derniers mètres nous ressentons bien l’altitude.
En 3 h 30, nous arrivons au col. La montée est quelque peu éprouvante, mais rien d’insurmontable. 

Le prochain camping n’est plus très loin, nous profitons du magnifique soleil et de la vue en prenant une pause déjeuner de plus d’une heure. 

Trek Choquequirao - Pause déjeuner face aux montagnes

On retrouve un peu de « civilisation »

Après 1 h 20 et 600 m de dénivelé négatif, nous voilà au campement du village de Yanama. Après 5 jours de marche, c’est le premier village que nous croisons dans lequel une « route » arrive (c’est plutôt une piste). C’est ici que notre trek Choquequirao devrait s’arrêter.

Nous avions prévu de prendre un colectivo ou un camion pour nous faire passer le col à 4 680 m prévu pour demain. Nous sommes fatigués et cette partie, d’après les renseignements que nous avons, ne présente pas un intérêt fondamental. Le chemin consiste à suivre la route jusqu’au village de Totora.

Village de Yanama
Oui, oui, c’est ça que j’appelle civilisation…

Nous profitons de cette dernière après-midi en compagnie des autres trekkeurs qui font également cette randonnée et qui se sont arrêtés ici aussi. Nous sommes 10, voilà le nombre de personnes au total présentes sur le chemin… Autant dire qu’on ne se bouscule pas et c’est tout l’avantage de ce périple !

La fin. Ou pas.

Marjo en profite pour tordre sa cheville fragile qui avait déjà fait des siennes (mais sans gravité) depuis le début du trek. Sauf que là, avec la fatigue physique générée par un trek de 5 jours, elle se fait vraiment mal. Ce n’est pas bien dramatique, de toute façon le trek est terminé, elle aura le temps de reposer sa cheville et de se retaper d’ici peu.

Nous apprenons par les habitants du village que le colectivo qui est sensé faire le trajet Yanama-Totora, ne passe pas tous les jours. Et d’après eux, il ne passera pas demain.

Qu’à cela ne tienne ! On va jouer la sécurité, nous demandons à la gérante du camping de commander un véhicule pour le lendemain 6 h, pour 10 personnes, afin que nous partagions tous les frais. Il doit même nous emmener jusqu’à Santa Teresa pour 40 NS par personne. 

Il faut savoir qu’ici, le seul téléphone du village fonctionne avec une batterie solaire. Pensez donc à demander de réserver le transport avant que la nuit tombe. Sans quoi, la batterie pourrait être déchargée et il ne serait plus possible de contacter qui que ce soit.

La gérante nous confirme la navette pour le lendemain. C’est parfait ! Nous nous endormons paisiblement pour notre dernière nuit en tente…

Trek Choquequirao Jour 6 : Yanama – Totora – Santa Teresa

La navette venant nous chercher à 6 h, le réveil sonne à 5 h ! On range les tentes et on prend notre dernier petit-déjeuner de champion.

On boucle tout, et on attend des nouvelles de la navette qui ne devrait plus tarder. 

Vers 6 h 15, quelqu’un vient nous prévenir que la navette ne viendra pas. Déception. Horreur. Malheur.

Tu t’es mis en tête la veille que le trek est terminé, que tu ne vas plus marcher, que tu n’as plus besoin de porter ce sac à dos qui pèse une tonne et demi, que ça y est tu vas pouvoir prendre une douche et reposer tes courbatures…

La nouvelle est dure à encaisser. 

Le début de la fin du courage de Marjo

Cela signifie qu’il faudrait encore se farcir plus de 11 km de marche, 1 100 m de dénivelé positif et passer un col à 4 680 m… alors qu’on pensait avoir terminé ? Naaan…

Tout le monde se met en marche, chacun part assez vite dans l’espoir de trouver un camion sur la route et d’être le premier à grimper dedans. 

Le temps de renfiler nos affaires de rando, de râler, de pester, d’en vouloir à la terre entière et nous voilà repartis… 

Trek Choquequirao

Il est 6 h 35. Le dénivelé est important mais, la pente est douce. Rapidement, Anaïs et Maxime prennent le large. Marjo souffre encore de sa cheville, mais surtout, le moral et la motivation ne sont plus là. Je sens qu’elle lâche prise. Son cerveau est ailleurs, ça y est, elle a laissé tomber.

En montagne, le mental est primordial. C’est lui qui vous fait avancer, qui vous fait aller plus loin que ce que vous pensiez pouvoir faire. Mais là, je sens bien qu’elle n’y est plus. Elle voudrait être dans ce bus qui n’est jamais venu.

J’essaie de la motiver. Le tout étant de marcher, de ne pas perdre trop de temps. D’ici 6 ou 7 h de marche, nous pourrons être dans un colectivo en direction de Hydroeléctrica ou au moins de Santa Teresa…

Rien à faire. Je propose de vider quasiment tout son sac dans le mien pour l’alléger, c’est ambitieux, mais la pente n’est pas brutale. 

Rien à faire. De toute façon, elle n’est pas fatiguée. Non, elle n’y est plus. Elle est au bord de craquer. Nerveusement. 

Perdre le contrôle de ses nerfs en montagne est la pire des situations. Alors même que votre corps dit stop, que vos jambes n’avancent plus, si la motivation est intacte et que la détermination est toujours présente, continuer sera possible.
Mais quand la tête dit non, quand elle n’est plus capable de donner le tempo, alors il ne reste plus qu’une solution.

Lâcher prise, s’asseoir, attendre un miracle et pleurer.

Et c’est ce qu’elle a fait.

Une éclaircie au bout du tunnel ?

À ce moment, nous n’avons fait que 3 km. Il est déjà 9 h et nos potes sont déjà bien loin.
Deux solutions :

  • Soit nous rebroussons chemin vers le village de Yanama en espérant prendre un colectivo le lendemain.
  • Soit nous essayons de trouver un transport pour nous amener jusqu’au village de Totora.

Je laisse Marjo et nos sacs au bord de la route et file en courant à Yanama en espérant trouver des motos, une voiture, une mule ou n’importe quoi.

Sur le chemin, un paysan qui n’a pas de véhicule me propose de nous amener en mule. Mais il faudrait environ 6 h pour arriver à Totora. Pas la solution la plus rapide, je vais trouver autre chose. 

Lorsque j’arrive au camping, j’explique mon problème à la gérante. Elle demande aux ouvriers du chantier voisin s’ils peuvent nous emmener sur leurs motos. 

Après 30 minutes de négociation avec leurs chefs, deux jeunes péruviens se proposent de nous emmener. Comme on les a débauchés, il faudra s’acquitter de la coquette somme de 100 NS par moto. Ils ont bien compris que l’on avait absolument besoin d’eux. Je tente de négocier, mais rien à faire. Et puis, tant pis, je suis prêt à payer n’importe quoi. 

Marjo aura attendu mon retour plus de 2 h au bord de la route… Je ne sais pas ce qu’elle a fait, ni à quoi elle a pensé pendant ces 2 h. Ce que je sais, c’est que je l’ai retrouvé exactement au même endroit et dans la même position que quand je suis parti. Elle a vraiment débranché son cerveau.

Soulagée de me voir arriver avec une solution, nous grimpons sur les motos en direction du village de Totora.

Après coup, on s’est dit que la balade en moto était vraiment cool. Bon ok, c’est complètement pour se rassurer. Mais c’était finalement une manière assez originale de finir ce trek Choquequirao. 😂

Machu Picchu, on arrive !

Nous profitons d’arriver tôt à Totora pour commander un plat chaud et attendre nos potes Anaïs et Maxime autour du feu. Ils arrivent à point nommé pour déguster le repas. Nous attendons le colectivo (on l’attend comme le Messie) en cherchant les quelques rayons de soleil, denrée rare en cette vallée encaissée. Le minibus nous emmène à Santa Teresa. Nous nous économisons le dernier jour de marche.

Cette nuit, nous dormons dans un vrai lit. Et summum du luxe, nous aurons droit à une douche chaude.

Trek Choquequirao - Panorama sur les montagnes

Ainsi s’achève ce trek Choquequirao mémorable ! On est crevés, on est à bout de force, mais la promesse de voir le grand Machu Picchu dans 2 jours nous donne la force de continuer ! On se rapproche.

Dans le prochain article, nous vous racontons les 2 derniers jours (jour 7 et 8), notre arrivée à Aguas Calientes et notre visite du Machu Picchu ! Yes ! On a enfin rencontré cette célébrité internationale !

Alors prêts à continuer à en prendre plein les yeux ?

💡 Aussi, pour bien préparer votre voyage au Pérou, je vous invite à consulter notre bilan et budget de 40 jours de voyage au Pérou. Des tas d’infos pratiques (itinéraire, budget, transports, prix, nourriture, etc.) pour vous aider dans vos préparatifs.

Bastien

Aventurier dans l'âme, je ne lâche jamais ma machette et mon lasso quand je pars en voyage. Grand bavard, j'aime refaire le monde pendant des heures autour d'un bon verre (et d'un bon saucisson). Passionné par le monde de la tech, on peut dire que je suis un vrai geek !

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