Trek Choquequirao : 7 jours en autonomie | Toutes les infos 2/2

Bonjour et bienvenue sur notre blog ! Comme vous pourrez le remarquer, notre blog se refait une beauté.
Donc désolés pour le design douteux, la mise en page totalement dégueu et l’absence de photos. 🙏
On est sur le coup ! 🙃
Merci de votre compréhension. Bisous.

Foncez lire la première partie de notre trek sur les ruines de Choquequirao si ce n’est pas déjà fait 😉

Pour obtenir toutes les infos sur le contenu de nos sacs à dos pour le trek en autonomie et sur la nourriture que nous avons prévu pour le trek, nous avions tout expliqué lors de notre trek Santa Cruz de 4 jours en autonomie.

Nous traversons toujours des paysages incroyables et avons enfin visité ces magnifiques ruines du haut… Ça vaut vraiment son pesant de cacahuètes ! On vous raconte aussi comment nous avons fini le trek… dans des conditions nerveuses pas idéales… 

Bref, on  se rapproche du Machu Picchu 🙂 !

Trek Choquequirao – Machu Picchu : Jours 3 à 6

JOUR 3 : Choquequirao ruines du haut – Terrasse des Lamas – Ruines de Pincha Unuyoc

Camping Choquequirao (2900m) aux ruines du haut, place principale (3050m) : Visite du site (2h) + terrasses des Lamas (2850m) (1h30 aller-retour) puis passage du col à 3400m : 1,5 km / 700m de dénivelé positif / 200m de dénivelé négatif.

  • Col à 3400m aux ruines de Pincha Unuyoc (camping à 2450m) : 3,4 km / 1h / 950m de dénivelé négatif.
  • Total journée : 5 km / 1650m de dénivelé cumulé
  • Prévoir le petit déj, le midi et le soir. Et beaucoup d’eau !

Comme d’habitude le réveil est matinal ! Petit-déjeuner de champion : pancakes, jus de fruit frais, baguette, oeufs, beurre salé et confiture d’orange, le tout à volonté… 

C’est beau de rêver… Comme tous les matins nous nous régalons de notre bouillie d’avoine des plus roborative !

On remballe les tentes et nous partons visiter le haut du site avec nos sacs sur le dos. Le but étant de passer la matinée à visiter puis, au lieu de revenir dormir au camping du Choquequirao, continuer notre route pour dormir aux ruines de Pincha Unuyoc. Ainsi nous coupons en deux la journée suivante.

Environ 150 m de dénivelé séparent le camping et le haut du site. Une fois en haut sur la place principale, nous avons laissé nos sacs dans un coin en essayant de les cacher derrière un mur. Non pas que nous nous méfions des voleurs (il doit y avoir 10 personnes à tout casser incluant nous 4…) mais simplement pour ne pas gâcher les photos des autres voyageurs. 

Nous sommes alors partis explorer les lieux. Ce fût un moment de pur bonheur. Un beau soleil, des ruines magnifiques et personne pour nous déranger ! Une vaste plate-forme offre une vue spectaculaire à 360° sur les ruines, les montagnes et les vallées alentour.

Ici, chaque détour vaut le coup d’œil et notamment les terrasses des Lamas. Ce sont des terrasses construites sur 56 niveaux en contrebas du Choquequirao. La petite particularité de ces terrasses, c’est leur côté artistique : les incas ont décidé de les décorer… A l’aide de pierres blanches, en construisant le mur, ils ont dessiné des lamas ! 

Avant d’y descendre, nous nous sommes demandé si ça valait vraiment le coup de descendre et remonter ces 150m pour voir des lamas en cailloux sur les murs… Mais comme souvent, il est difficile d’apprécier une œuvre si on ne colle pas son nez dedans !

Là où le détour prend tout son sens, c’est lorsque l’on continue vers le mirador situé en face, il offre une vision globale des terrasses et de ses lamas. 

Et effectivement, ça vaut clairement le coup d’œil ! En plus d’avoir encore construit des terrasses vertigineuses, ces sacrés incas nous offrent ici une petite touche de déco perso ! L’escalier qui descend dans les terrasses est très vertigineux. Pour les âmes sensibles, un chemin en terre a été prévu sur le côté.

Après une petite pause pique-nique et une petite sieste à l’ombre des ruines, nous voilà repartis pour notre camping du soir aux ruines de Pincha Unuyoc. 

Depuis la place centrale du Choquequirao, pour trouver le chemin qui continue vers la suite du trek, il faut suivre la canalisation d’eau qui monte tout en haut et prendre le deuxième chemin à gauche (nous avions trouvé un premier chemin après 5-10 minutes de montée qui n’est pas le bon). 

Après environ 200m de dénivelé, nous voilà au col de Choquequirao. 

Pour info, nous n’avons toujours pas trouvé d’eau depuis que nous sommes partis ce matin, les belles canalisations construites par les incas ne sont malheureusement plus en service ! 

Il faut maintenant redescendre environ 1000m de dénivelé en plein soleil jusqu’aux ruines. Nous ne trouverons de l’eau que quelques minutes avant d’arriver au camping, autant vous dire que nous avons fini cette journée assoiffés comme jamais… Alors prévoyez beaucoup d’eau dès le matin ! 

Quand nous sommes arrivés sur les terrasses, nous n’avons pas regretté d’avoir avancé jusqu’ici pour passer la nuit. Autant vous dire que dormir dans cet endroit était exceptionnel, un peu mystique… Le panorama est sublime et encore une fois nous étions absolument seuls… Pas de problème pour avoir de l’eau, le système d’irrigation fonctionne encore parfaitement, plusieurs jets tombent dans des sortes de bacs ! Vous pourrez même prendre une douche glaciale 🙂 !

JOUR 4 : Ruines de Pincha Unuyoc – Maizal

  • Ruines de Pincha Unuyoc (2450m) jusqu’à la rivière en contrebas (1970m) : 2 km / 50 minutes / 480m de dénivelé négatif
  • Rivière (1970m) – camping Maizal (3030m) : 3,5 km / 3h40 / 40 minutes de pause déj. dans la montée / 1060 m de dénivelé positif
  • Total journée : 5,5 km / 4h30 de marche / 1540 m de dénivelé cumulé
  • Prévoir petit déj et midi. Le repas du soir peut être pris au camping à Maizal.

Comme nous avons bien avancé la veille en dormant aux ruines de Pincha Unuyoc, la journée devrait être un peu plus douce. Par défaut, les randonneurs partent des ruines du Choquequirao pour aller jusqu’à Maizal sur la même journée. Ce qui représente 500 m de dénivelé positif puis 1350m de négatif et enfin une bonne montée de 1100m de dénivelé… Autant dire une journée qui nous branchait moyen et nous faisait relativement peur avant de partir…

Mais en découpant le rythme du trek comme nous l’avons fait, la journée se résume à 500 m de négatif puis 1100m de positif, une bagatelle 😉 ! 

La marche de la journée ne présente pas un grand intérêt. On monte, on monte, la tête dans le guidon en croisant des mules qui soulèvent des tonnes de poussières, vous permettant de ne plus pouvoir respirer pendant de longues minutes 😀

Lorsque le chemin se sépare, le camping est indiqué par une pancarte. Il faut partir sur la gauche, comme indiqué, et après une petite demi-heure de montée, nous arrivons. Le camping vaut vraiment le coup. La vue est magnifique, encore une fois, on peut voir en face le chemin parcouru depuis le col du Choquequirao. Et là tu prends conscience que tu n’arrêtes pas de monter, descendre, monter, descendre pour passer de vallées en vallées… Ils n’auraient pas pu construire un immense pont sérieux ? 😀

Au milieu de cette ferme tenue par 3 femmes, la grand-mère, la mère et la petite fille, nous plantons notre tente. Au milieu des poules, des cochons, des chèvres, des vaches, des chiens, des cochons d’inde, toute la basse-cour est présente. Et là, tu te dis : Mais comment peut-on vivre ici ?? 

Nous passons l’après-midi à lire, se promener dans les environs, profiter du beau temps, de la quiétude des lieux et de ce panorama fantastique.

JOUR 5 : Maizal – Yanama

  • Maizal (3030m) – Col de San Juan (4150m) : 5,5 km / 3h30 / 1120 m de dénivelé positif
  • Col de San Juan (4150m) – Camping de Yanama (3550m) : 3,5 km / 1h20 / 600m de dénivelé négatif.
  • Total journée : 9 km / 4h50 / 1720 m de dénivelé cumulé.
  • Prévoir le petit déj. et le midi. Le repas du soir pourra être pris au camping.

Nous partons tôt ce matin afin d’avoir le maximum d’ombre pour la montée. Nous avons 1120 m de dénivelé à grimper. Les premiers kilomètres sont fatigants. Ça ne monte pas encore beaucoup mais nous devons marcher sur un terrain très boueux qui manifestement ne voit pas souvent le soleil. Nos chaussures sont couvertes de boue et chaque pas nous demande un effort de concentration pour ne pas glisser et s’étaler dans la boue !

Le col que nous devons passer se trouve à 4150m, dans les derniers mètres nous ressentons bien l’altitude. 

En 3h30, nous arrivons au col. La montée est quelque peu éprouvante mais rien d’insurmontable. 

Le prochain camping n’est plus très loin, nous profitons du magnifique soleil et de la vue en prenant une pause déjeuner de plus d’une heure. 

Après 1h20 et 600m de dénivelé négatif nous voilà au camping du village de Yanama. Après 5 jours de marche, c’est le premier village que nous croisons où une “route” arrive. C’est ici que notre trek devrait s’arrêter. 

Nous avons prévu de prendre un colectivo ou un camion pour nous faire passer le col à 4680 m prévu pour demain. Nous sommes fatigués et cette partie, d’après ce que nous avons lu, ne présente pas un intérêt fondamental. Le chemin consiste à suivre la route jusqu’au village de Totora.

Nous profitons de cette dernière après-midi en compagnie des autres trekkeurs qui font également cette rando et qui se sont arrêtés ici aussi. Nous sommes 10, voilà le nombre de personnes au total présentes sur le chemin… Autant dire qu’on ne se bouscule pas et c’est tout l’avantage de cette randonnée !

Marjo en profite pour tordre sa cheville fragile qui avait déjà fait des siennes sans gravité depuis le début du trek. Sauf que là, avec la fatigue physique, elle se fait vraiment mal. Mais de toute façon le trek est terminé, elle aura le temps de s’en remettre plus tard… Nous apprenons par les habitants du village que le colectivo ne passe pas tous les jours. Et d’après eux, il ne passera pas demain… 

Qu’à cela ne tienne ! Nous demandons à la gérante du camping d’appeler un  véhicule pour le lendemain 6h, pour 10 personnes, afin que nous partagions les frais. Il doit nous emmener jusqu’à Santa Teresa pour 40 NS par personne. 

Ici le seul téléphone du village fonctionne avec une batterie solaire, pensez donc à faire appeler avant qu’il fasse nuit sans quoi la batterie pourrait être déchargée…! 

La gérante nous confirme la navette pour le lendemain. Parfait ! Nous nous endormons pour notre dernière nuit en tente…

JOUR 6 : Yanama – Totora – Santa Teresa

La navette venant nous chercher à 6h, le réveil sonne à 5h ! Le temps de ranger les tentes et de prendre notre dernier petit déjeuner de champion… 

On boucle tout, et on attend des nouvelles de la navette qui ne devrait plus tarder. 

Vers 6h15, quelqu’un vient nous aviser que la navette est arriv… ne viendra pas. Déception. Horreur. Malheur. 

Tu t’es mis en tête que tu ne vas plus marcher, que le trek est terminé, que tu n’as plus besoin de porter ce sac à dos qui pèse une tonne et demi…

La nouvelle est dure à encaisser. 

Cela signifie qu’il faudrait encore se farcir plus de 11 km de marche, 1100m de dénivelé positif et passer un col à 4680 m… alors qu’on pensait avoir terminé ? 

Tout le monde se met en marche, chacun part assez vite dans l’espoir de trouver un camion sur la route et d’être le premier à grimper dedans. 

Le temps de renfiler nos affaires de rando, de râler, de pester, d’en vouloir à la terre entière et nous voilà repartis… 

Il est 6h35. Le dénivelé est important mais, la pente est douce. Rapidement, Anaïs et Maxime prennent le large. Marjo souffre encore de sa cheville mais surtout le moral et la motivation ne sont plus là. Je sens qu’elle lâche prise.

En montagne, ces deux éléments jouent un rôle extrêmement important, ce sont eux qui vous font avancer, qui vous font aller plus loin que ce que vous pensiez pouvoir faire. Mais là, je sens bien qu’elle n’y est plus. Elle voudrait être dans ce bus qui n’est jamais venu. 

J’essaie de la motiver. Le tout étant de marcher, de ne pas perdre trop de temps. D’ici 6-7h de marche, nous pourrons être dans un colectivo en direction de Hydroeléctrica ou au moins de Santa Teresa… 

Rien à faire. Je propose de vider quasiment tout son sac dans le mien pour l’alléger, c’est ambitieux, mais la pente n’est pas brutale… 

Rien à faire. De toute façon, elle n’est pas fatiguée. Non, elle n’y est plus. Elle est au bord de craquer. Nerveusement. 

Perdre le contrôle de ses nerfs en montagne est la pire des situations. Alors même que votre corps dit stop, que vos jambes n’avancent plus, si la motivation est intacte et que la détermination est toujours présente, continuer sera possible.

Mais quand la tête, le chef d’orchestre, dit non, quand elle n’est plus capable de donner le tempo, alors il ne reste plus qu’une solution.

Lâcher prise, s’asseoir, attendre un miracle et pleurer.

A ce moment, nous n’avons fait que 3 km, il est déjà 9h et nos potes sont déjà bien loin. Deux solutions. Soit nous rebroussons chemin vers le village de Yanama en espérant prendre un colectivo le lendemain. Soit nous essayons de trouver un transport pour nous amener jusqu’au village de Totora.

Je laisse Marjo et nos sacs au bord de la route et file en courant à Yanama en espérant trouver des motos, une voiture, une mule ou n’importe quoi. 

Sur le chemin, un paysan qui n’a pas de véhicule me propose de nous amener en mule. Mais il faudrait environ 6h pour arriver à Totora, pas la solution la plus rapide… 

Lorsque j’arrive au camping, j’explique mon problème à la gérante. Elle demande aux ouvriers du chantier voisin s’ils peuvent nous emmener sur leurs motos. 

Après 30 minutes de négociation avec leurs chefs, deux jeunes péruviens se proposent de nous emmener. Comme on les a débauchés, il faudra s’acquitter de la coquette somme de 100 NS par moto… Ils ont bien compris que l’on avait absolument besoin d’eux. Je tente de négocier, rien à faire… Et puis, tant pis, je suis prêt à payer n’importe quoi. 

Marjo aura attendu mon retour plus de 2h au bord de la route…

Soulagée de me voir arriver avec une solution à son découragement, nous grimpons sur les motos en direction du village de Totora.

Après coup, on trouve que la balade en moto était vraiment sympa. Bon ok, c’est aussi un peu pour se rassurer 😉 mais c’était finalement une manière assez sympa de finir ce trek 🙂

Nous profitons d’arriver tôt à Totora pour commander un plat chaud et attendre nos potes Anaïs et Maxime autour du feu. Ils arrivent à point nommé pour déguster le repas. Nous attendons le colectivo (on l’attend comme le Messie) en cherchant les quelques rayons de soleil, denrée rare en cette vallée encaissée. Le minibus nous emmène à Santa Teresa. Nous nous économisons le dernier jour de marche. 

Cette nuit, nous dormons dans un “vrai” lit et summum du luxe, nous aurons droit à une douche chaude… 🙂 

Ainsi s’achève la seconde partie de ce trek mémorable ! On est crevés, on est à bout de force mais la promesse de voir le grand Machu Picchu dans quelques jours nous donne la force de continuer ! On se rapproche !! 

Dans le prochain article, nous vous racontons les 2 derniers jours, notre arrivée à Aguas Calientes et notre visite du Machu Picchu…! Yes ! On a enfin rencontré cette célébrité !

Alors prêts à continuer à en prendre plein les yeux ?? 

Bastien

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